Le sens
Mentir impunément et avec crédibilité, n’est ce pas ce que l’on attend d’un acteur ? Corneille se délecte du mensonge en ce qu’il dit du théâtre et surtout de l’acteur. Mais cette pièce, au delà du comique virtuose des mensonges extravagants de Dorante, ne nous livre-t-elle pas une réflexion sur la vérité ? Les figures dupées par Dorante jouent-elles un jeu totalement limpide ? Clarice laisse croire son amour à Alcippe, celui-ci tarde à s’engager auprès de Clarice, Géronte suit ses intérêts et non ceux des jeunes gens en organisant un mariage arrangé, Lucrèce est troublée par l’amant de son amie. Dorante ne suit-il pas un autre plan de «sa vérité» en leur jouant ce qu’ils veulent entendre afin de vivre son amour ? Mentir ici consiste à dissimuler, mais quand le mensonge est percé, apparaît alors l’intimité des personnages. Intimité qui, accordée au alexandrins raffinés de Corneille, nous offre un arrière-plan subtil à cette comédie enjouée, irrésistible.











