…J’aime à braver ainsi les conteurs de Nouvelles,
Et sitôt que j’en vois quelqu’un s’imaginer
Que ce qu’il veut m’apprendre a de quoi m’étonner,
Je le sers aussitôt d’un conte imaginaire
Qui l’étonne lui-même et le force à se taire…
Dorante, Acte I Scène 6

Dorante, Acte I Scène 6, Corneille

Le Menteur

Corneille - Julien Gauthier - TNP - Théâtre en Pierres Dorées

100min • Tout public • à partir de 7 ans

Le sens

Mentir impunément et avec crédibilité, n’est ce pas ce que l’on attend d’un acteur ? Corneille se délecte du mensonge en ce qu’il dit du théâtre et surtout de l’acteur. Mais cette pièce, au delà du comique virtuose des mensonges extravagants de Dorante, ne nous livre-t-elle pas une réflexion sur la vérité ? Les figures dupées par Dorante jouent-elles un jeu totalement limpide ? Clarice laisse croire son amour à Alcippe, celui-ci tarde à s’engager auprès de Clarice, Géronte suit ses intérêts et non ceux des jeunes gens en organisant un mariage arrangé, Lucrèce est troublée par l’amant de son amie. Dorante ne suit-il pas un autre plan de «sa vérité» en leur jouant ce qu’ils veulent entendre afin de vivre son amour ? Mentir ici consiste à dissimuler, mais quand le mensonge est percé, apparaît alors l’intimité des personnages. Intimité qui, accordée au alexandrins raffinés de Corneille, nous offre un arrière-plan subtil à cette comédie enjouée, irrésistible.

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La façon

Cultivant mon rapport à ce répertoire depuis mes premiers pas dans un théâtre, les pièces de Pierre Corneille, et notamment les comédies, constituent pour moi un défi. Un défi de clarté pour l’intrigue, où la confusion du vrai et du faux guide les personnages ; et un défi de clarté des alexandrins, dont les déplacements syntaxiques demandent une attention particulière si l’on se prête au jeu des gens de cour qui pratiquaient l’art de la conversation.
Car la comédie, avant l’apparition de Molière, représentée principalement dans les farces et facéties, furent tenues à l’écart de la cour qui préféraient la tragédie, faisant appel au grandes problématiques des héros, aux choix politiques et bien sûr aux dilemmes « cornéliens ».
Le projet de l’auteur fut d’anoblir la comédie pour s’adresser au public de la cour, dont la morale chrétienne cohabitait avec les esprits « libéraux ». La pièce s’adresse à un public raffiné où la vraisemblance de l’action annonce l’avènement de « La Grande Comédie » dont Molière affirmera le style et ne cachera pas s’être inspiré « …du style lumineux du Menteur ».
Corneille s’attache d’avantage à la dimension romanesque de l’œuvre qu’à son aspect comique. On y verra l’histoire d’un jeune homme prêt à tout pour obtenir le cœur de Clarice : une scène de balcon nocturne, un duel, un faux mariage… Une comédie, oui, mais au sens où on l’entend dans « la Comédie Française » : théâtre non-tragique, royaume de l’intrigue, des miroirs, des quiproquos et de la jalousie.

L'histoire

La représentation du Menteur au Théâtre de Marais à Paris en 1643 provoquera la querelle du Menteur pour sa conclusion fort douce avec son héros, dont la morale eut préféré plus de sévérité. Corneille écrira ensuite La suite du Menteur où Dorante est jugé plus sévèrement pour rassurer les inquiétudes bienséantes de la cour ; ce qui nous rappelle la querelle du Cid, suivi de la représentation d’Horace connue pour être la pièce de la réconciliation avec le roi.

La pièce est étonnamment libre et subversive, d’autant plus qu’elle ouvre un miroir sur l’acteur : Dorante se fait passer pour un autre, invente avec délectation et panache des histoires extravagantes, se vante de meurtres qu’il n’a pas commis. Miroir aussi du langage au théâtre, car c’est par la langue que le personnage s’invente, qu’il jubile. La morale de l’histoire n’est pas qu’il ne faut pas mentir, mais que si l’on ment, il faut le faire bien.

Il est hors de doute que c’est une habitude vicieuse que de mentir, mais il débite ses menteries avec une telle présence d’esprit et tant de vivacité que cette imperfection a bonne grâce en sa personne, et fait confesser aux spectateurs que le talent de mentir ainsi est un vice dont les sots ne sont point capables.

Discours de l’utilité et des parties du poème dramatique. !, Corneille

Équipe artistique

Mise en scène

Julien Gauthier

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Assistant artistique

Clément Carabédian

Jeu

Rafaèle Huou - Laurence Besson - Amandine Blanquart - Juliette Rizoud - Damien Gouy - Julien Gauthier - Julien Tiphaine - Clément Carabédian - Clément Morinière

Création lumière

Rémi El Mahmoud

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Scénographie

Jessica Chauffert et Julien Gauthier- Sapritch

Costumes

Agnès B. avec la participation de Laura Garnier

Création sonore

Pierre-Alain Vernette

Administration

Corinne Sarrasin

Remerciements

Joyce Mazuir, Claire Blanchard, Coralie Mailhol, Jérome Quintard, Michel Cavalca et Christian Schiaretti.

Articles de presse

Le Menteur « Spectaculaire »

Radio Canut Guillaume Rolin Emission 128 le 8.12.25

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La Chronique Théâtre de Jean-Pierre Léonardini

Vif éloge de L’illusion Comme Vérité - L'Humanité

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Le Métropolitain

Nadira Belkacem - Domaine d'O

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Armelle Héliot – Figaro

A Villeurbanne, la jeunesse s'empare du "Menteur" de Corneille.

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La grande parade

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